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ROCK&FOLK n°710 : QUEENS OF THE STONE AGE

todaySeptember 25, 2026 6

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“Je n’ai plus rien à prouver
mais il me reste des choses à dire”

Après des années de décibels et de déglingue, le quintette de Joshua Tree revient avec un nouvel album crépusculaire et d’une tendresse folk inattendue. Histoire de prendre, une fois de plus, son public à rebrousse-poil. Rencontre à Paris avec un Homme en pleine crise existentielle.

 

EDITO :

Ecce Homo

Joshua Michael Homme.
Josh Homme, donc.
Un sacré bonhomme.
Fidèle. Toujours là pour ses potes. Pas faciles les potes…
Hugues ! Lanegan ! Olivieri !
Humain.
Fragile.
Sombre parfois. Lumineux plus tard. Doutant. Normal.
Humain, donc.
Un mariage qui foire.
Des enfants.
Des rendez-vous manqués avec la mort. La maladie. Le cancer.
Survivant. Mais qui ne joue pas au survivant.
C’est peut-être ce qui frappe le plus chez Josh Homme aujourd’hui.
Cette façon de ne jamais transformer ses cicatrices en décor.
Il aurait pourtant tout ce qu’il faut pour enfiler le cuir du vieux
guerrier père la morale du rock, celui qui a tout vécu, tout avalé,
tout enterré et qui revient nous expliquer comment il faut faire.
Il ne le fait pas.
Il refuse même ce titre un peu stupide de patron du rock.
Tant mieux.
Joshua de Joshua Tree. Fils du désert. Elvis roux.
Amateur d’expériences psychédéliques et des drogues qui vont avec.
Jusqu’à l’excès.
Et puis… les catacombes de Paris.
Il y a vécu quelque chose qu’il n’a jamais vraiment fini de raconter.
Quelque chose qui ressemble à une rencontre avec l’invisible,
ou simplement avec lui-même.
On ne sait pas.
Lui non plus, peut-être.
Mais depuis, il y a chez Josh Homme quelque chose de différent.
Une fêlure supplémentaire. Une porte entrouverte sur un endroit
où nous ne sommes pas invités.
C’est peut-être cela aussi, vieillir.
Découvrir qu’on ne maîtrise pas tout.
Même lorsqu’on a longtemps donné l’impression
de pouvoir tout encaisser.
Josh Homme peut faire peur, peut-être.
Mais parce qu’il a peur.
Et cette peur-là le rend finalement plus rassurant
que ceux qui n’ont jamais douté.
Il y a quelque chose d’émouvant à le voir chercher
comment rester un homme au milieu de tout ça.
Un type normal, comme on dit.
À l’heure où le masculinisme, l’extrémisme, le trumpisme,
le poutinisme et toutes leurs déclinaisons en isme plus ou moins
débiles (le débilisme ?) occupent tellement de terrain,
voilà sûrement une autre manière d’être un homme.
Pas le chef.
Pas le mâle alpha.
Pas le patron. Non.
Un homme qui doute. Qui aime ses enfants. Qui perd ses amis.
Qui tombe malade. Qui se relève. Qui cherche encore.
Qui fait du bruit avec ses guitares et garde une porte ouverte
sur quelque chose qu’il ne comprend pas complètement.
Un homme libre.
Bref.
Un homme bien.
Ici, on l’aime depuis Kyuss.
Et vous, quand est-ce que vous passez chez Josh ?

Vincent Tannières

 

SOMMAIRE :

In Memoriam
Dolly Parton par Isabelle Chelley

Mes Disques A Moi
Arnold Turboust par Jérôme Soligny

Tête d’affiche
Fat Dog par Dimitri Neaux

En vedette
Beck par Romain Burrel
Jean Felzine par Vianney G.
Suede par Jérôme Soligny
Born Bad A 20 Ans par Jérôme Reijasse

Story
The GO par Eric Delsart

En couverture
Queens Of The Stone Age par Romain Burrel
Josh Homme — Discographie Alternative par Eric Delsart

 

RUBRIQUES : Courrier / Télégrammes / Disque Du Mois / Disques / Rééditions / Rehab’ / Vinyles / Discographisme / Highway 666 Revisited / Qualité France / Erudit Rock / Et justice Pour Tous / Film Du Mois / Cinéma / Série Du Mois / Images / Bande Dessinée / Livres / Live / Peu De Gens Le Savent

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