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Le son du VorteX Le son du VorteX

Mondo bizarro
Avant, il n’y a pas si longtemps, dire qu’on avait un pote américain paraissait cool. Promesses de Wrangler rares, de disques introuvables et de cigarettes pas chères.
Aujourd’hui quand on dit : “j’ai un pote américain”, on a l’impression de balancer à haute voix qu’on fréquente un mec qui porte une cagoule pointue, une toge blanche et qui brûle des croix.
Oui, l’Amérique a changé.
Ses dirigeants. Ses élites — même si,
en l’état, le mot semble plutôt mal adapté.
Le monde a changé.
L’époque n’est plus la même.
Il y a cinquante ans, débarquait le premier album
de quatre New-Yorkais déjà, à l’époque, peu en phase avec leur temps.
Des Misfits, des marginaux.
On pense ici à la traduction française
du titre du film de John Huston : Les Désaxés.
Oui, voilà. C’est exactement ça. Au sens littéral du terme.
Comment l’Amérique d’aujourd’hui — celle du pouvoir, celle élue et celle qui vote — réagirait-elle face à ces quatre animaux mal léchés en cuir noir
trop petit, jeans déchirés et T‑shirt de dessin animé ?
Comment cette Amérique masculiniste, traditionaliste, les couilles sur le bureau ovale et les valeurs dans le portefeuille accueillerait-t-elle ce doigt d’honneur ?
MAGA, MAGA Hey !?
Tout ça pour dire : quelle serait la place
aujourd’hui de ces gamins asociaux ?
Insolents, originaux, pas sérieux, instables.
Provoquants, violents et parfois drogués. Et pour toujours outsiders.
Là, on parle crachats, sang, seringues et pissotière.
Mais aussi d’une énergie brute. Sauvage.
Entre ironie pop et violence minimaliste.
En trois minutes maximum.
Essentielle à leur propre survie, qui sera assez éphémère pour les quatre, mais capitale pour le rock qu’on allait désormais appeler punk.
Chimie entre un réac’ républicain, un échalas mal dans
son corps trop grand et un enfant instable devenu junkie.
Il n’y a plus un survivant sur la pochette de ce premier album des Ramones paru le 23 avril 1976. Plus que les briques. La vanne est connue.
Les Ramones sont devenus des T‑shirts. Ils ne sont pas les seuls…
Logo, pochette, tout y passe. Portés par des daronnes et leurs enfants qui n’imaginent pas un instant qui ont pu être ces quatre inadaptés. Et qui s’en foutent.
Sans imaginer la violence de leur vie. Sans connaître leurs chansons. Ni qu’ils sont morts. Pour ça. Tous.
Vincent Tannières
Mes Disques A Moi
ADRIAN SHERWOOD par Olivier Cachin
Prospect
GONDHAWA par Matthieu Vatin
GROS COEUR par Matthieu Vatin
Tête d’affiche
BANDIT BANDIT par Isabelle Chelley
En vedette
KIM GORDON par Romain Burrel
HOUELLEBECQ & LO par Stan Cuesta
COURTNEY BARNETT par Thomas E. Florin
NINA HAGEN par Jérôme Soligny
AEROSMITH par Bertrand Bouard
Dossier
ANGINE DE POITRINE & Le Rock Québecois par Eric Delsart
En couverture
RAMONES par Olivier Richard
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Écrit par: admin
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