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Bonnes blagues et histoires Grohl
Quelle est la différence entre un batteur et une pizza ?
Une pizza peut nourrir une famille de quatre personnes.
C’est une vieille blague. Une des celles, très nombreuses, qui traînent dans les loges depuis que le rock a décidé
que le type au fond de la scène était à la fois indispensable, un peu crétin… et remplaçable. Le batteur.
Dave Grohl était batteur.
Plutôt excellent. Un batteur qui a survécu à la mort
de son chanteur et à l’implosion de Nirvana. Il aurait pu ne pas s’en remettre. Beaucoup ne s’en sont pas remis.
Il faut admettre que l’histoire du rock est jonchée de batteurs qui ont tenté l’émancipation avec des fortunes diverses. Phil Collins — autre batteur devenu chanteur et machine à tubes mondiale — a lui aussi prouvé que taper sur des bambous peut faire devenir numéro un, même avec une calvitie précoce. Collins a vendu deux cents millions d’albums, s’est marié trois fois par fax selon la légende et reste l’homme qui a réussi à rendre “In The Air Tonight” mélancolique alors qu’il y parle essentiellement d’un homme qui n’a pas tendu la main
à quelqu’un qui se noyait. Résultat : un classique.
La morale est flouée mais le break de batterie est légendaire.
Ringo Starr continue de faire semblant d’avoir une carrière solo. En plein punk, Roger Taylor de Queen s’essaye à l’autonomie. Echec commercial. Don Henley quitte les Eagles et se fait immédiatement gauler avec des prostituées mineures. On parle de Keith Moon et du désastre commercial de son album solo “Two Sides Of The Moon” ?
Dave Grohl, lui, a quelque chose que peu de ces illustres prédécesseurs possédaient : il a l’air d’un type bien. C’est son génie absolu. Il sourit. Il plaisante. Il joue de la guitare avec des enfants sur scène. Il a l’air du pote qu’on appelle quand le frigo tombe en panne. Du mec qui paye sa pinte sans s’intéresser à la femme des autres… Quoique…
Dans un univers rock peuplé de dieux inaccessibles, de torturés magnifiques et de narcisses en cuir, Grohl est le type en hoodie et barbiche de coursier qui vous propose un café. C’est redoutablement efficace et probablement calculé — mais ça marche et ça remplit les stades.
Quatre ans après la mort en Colombie (!) de Taylor Hawkins — très mauvaise blague de batteur façon Keith Moon ou John Bonham — et deux ans après la révélation de l’affaire extraconjugale de Grohl,
qui a un peu entamé son image de nicest guy in rock,
“Your Favorite Toy”, douzième album de ses Foo Fighters, sort ces jours-ci. Un disque rageur, direct, punk.
Comment appelle-t-on cette personne agaçante qui traîne toujours avec les musiciens ?
Un batteur.
La blague sur les batteurs continue.
Dave s’en fiche, il est aujourd’hui guitariste et personne ne rit plus fort que lui.
Vincent Tannières
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