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Le son du VorteX Le son du VorteX

Le truc couvait.
A New York, une nouvelle génération s’apprêtait à faire
ce que toutes finissent par tenter : changer le monde. Quoi de plus normal. Prendre le pouvoir — au sens littéral et artistique du terme. Non pas pour gouverner mais pour renverser l’ordre artistique établi, le bon goût, la virtuosité devenue idéologie.
Le rock s’était transformé en démonstration, en sport de stade, en monument intouchable. Il fallait l’attaquer frontalement.
Tout balayer.
Les solos de guitare d’une demi-heure joués les yeux fermés. Les cheveux trop longs, la complaisance, l’idée même que
la maîtrise technique garantissait la légitimité. Ratiboiser
les tignasses, couper les franges, brûler les sandales. L’urgence. Le danger. Une révolution digne de ce nom ne pouvait pas seule-
ment être un son : elle devait être une attitude, une façon de vivre,
de se tenir, de regarder le monde. La musique, bien sûr.
Les vêtements aussi. Le cuir revient, porté serré, comme
une seconde peau. Le futur ne sera ni confortable ni poli.
Tout converge alors vers ce lieu improbable et malpropre devenu un point de rupture : le CBGB. Un club sale, mal insonorisé, sans glamour — exactement ce qu’il fallait. C’est là que se croisent Ramones, Blondie, Television, Patti Smith ou Richard Hell.
Tous différents. Tous animés par la même nécessité :
faire table rase.
La compilation publiée aujourd’hui par Cherry Red, consacrée aux années CBGB, capture ce moment où rien n’est encore figé.
Quasiment au même moment, une jeunesse anglaise s’apprête
à faire la même chose. Le punk est prolo, immédiat, sans détour.
Plus social. Politique. Moins arty. Violent.
The Damned frapperont les premiers avec “New Rose”. Cinquante ans plus tard, coïncidence, leur retour avec un nouvel album — hommage à Brian James — sonne comme une continuité de ce qui a été convenu d’appeler punk, rendant au rock, selon l’Américain Lester Bang, “sa fonction première : déranger”. Alors que l’Anglais Nick Kent en parle comme d’“une musique née du désastre social et moral”.
Le punk fut une aventure. Collective et individuelle. Des deux côtés de l’Atlantique. Une manière d’entrer dans la musique comme on entre dans l’inconnu, sans plan, sans promesse, sans filet.
Sans futur, mais pas sans avenir.
“One, two, three, four!” hurlait Dee Dee.
Et c’était parti.
Vincent Tannières
Mes Disques A Moi
JACQUES DUVALL par Thomas E. Florin
Tête d’affiche
DITZ par Dimitri Neaux
GLYDERS par Eric Delsart
KOMODOR par Jonathan Witt
KCIDY par Basile Farkas
En vedette
THE MOLOTOVS par Olivier Richard
RICHARD HAWLEY par Matthieu Vatin
LES WAMPAS par H.M.
BLUR par Eric Delsart
Les Nuits Du CBGB par Jérôme Soligny
En couverture
THE DAMNED par Olivier Richard
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