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ROCK&FOLK N°706 — ELVIS COSTELLO

todaymai 27, 2026 4

Arrière-plan
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Crédit : (DR)

J’ai écrit quoi, 400, 500 chansons ?
Combien d’entre elles sont connues ?
Quasiment aucune

Edito :

Devenir Elvis
Même si, à la fin des années 1970, le punk prétendait vouloir brûler les idoles du passé devenues obsolètes et ventrues (Starshooter “On veut plus des Beatles et d’leur
musique de merde/ Bonne à faire danser les minets”, Clash “No Elvis, Beatles or Rolling Stones”, Rotten et son T‑shirt I Hate Pink Floyd…), il fallait quand même se chauffer pour
décider de prendre Elvis comme pseudo quand on envisageait une carrière dans le rock. Un peu comme débarquer dans le foot avec le prénom Zinédine ou dans le vélo en s’appelant
Eddy (cet exemple fonctionne aussi avec le rock).

Et voilà qu’un jeune type nerveux à lunettes choisissait justement le prénom du roi absolu du rock pour entrer dans l’arène. Tout en évoquant physiquement davantage Buddy Holly que le King de Memphis qui venait de mourir. Provocation ? Ironie ? Manière de dire qu’on n’échappe jamais complètement à ceux qui nous ont précédés ? D’autant que le nom de Costello venait, lui, de sa grand-mère. On fait plus punk comme référence… Mais tout ça pour dire que, même dans la rébellion, les filiations demeurent.

Cette musique n’a d’ailleurs finalement jamais cessé de fonctionner comme une affaire de dynasties. Ces dernières semaines encore. Paul McCartney annonce un nouveau projet pendant que les Rolling Stones continuent, contre toute logique biologique, à sortir des disques ! Depuis soixante ans, ils se poursuivent comme dans “Les Duellistes” de Ridley Scott : deux camps incapables d’abandonner le combat, condamnés à vieillir ensemble
dans une rivalité affectueuse. Les Beatles contre les Stones. Le mélodiste contre les pirates. Même ceux qui n’étaient pas nés lors de leurs débuts ont hérité de ce duel comme d’une vieille querelle familiale.

Et c’est peut-être ça, au fond, la vraie histoire du rock : une histoire de noms. Certains sont si grands qu’ils écrasent ceux qui les portent. D’autres sont si mythiques qu’il faut
une sacrée confiance pour oser les emprunter. Mais parfois, rarement quand même, un artiste finit par accomplir l’impossible : transformer un prénom emprunté en destin.
Aujourd’hui, lorsqu’on dit Elvis, il arrive encore que la plupart pensent à Presley. Mais pour d’autres, les lunettes épaisses et la colère élégante de Costello apparaissent. Ce qui, franchement, relevait presque de l’impossible.

Reste une question : quels noms, aujourd’hui, sembleraient encore imprenables ? Peut-on sérieusement imaginer un jeune groupe débarquer avec un chanteur nommé Kevin Jagger,
Jules Lennon ou Jade Joplin ? Pas sûr. Quoique. Après tout, un certain Declan MacManus a bien réussi à devenir Elvis.

Vincent Tannières

 

Sommaire :

Nos disques à nous
THE BLACK KEYS par Romain Burrel

Tête d’affiche
PRIMITIVE RING par Eric Delsart
A PLACE TO BURY STRANGERS par Alexandre Breton
VIOLET GROHL par Romain Burrel

En vedette
SLIFT par Jonathan Witt
KNEECAP par Romain Burrel
PAUL McCARTNEY par Jérôme Soligny
KEVIN MORBY par Eric Delsart
THE STYLE COUNCIL par Nicolas Ungemuth
CLAUDE VENTURA par Stan Cuesta

En couverture
ELVIS COSTELLO par Léonard Haddad

 

RUBRIQUES : Courrier / Télégrammes / Disque Du Mois / Disques / Rééditions / REHAB’ / Vinyles / Discographisme / Highway 666 Revisited / Qualité France / Erudit Rock / Et Justice Pour Tous / Film Du Mois / Cinéma / Série Du Mois / Images / Bande Dessinée / Livres / Live / Peu De Gens Le Savent

 

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