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Le son du VorteX Le son du VorteX

“La seule règle avec Cream était
d’essayer de se souvenir quel était le morceau qu’on était en train de jouer”
Math rock
1+1+1 = 3.
Jusque-là, ok.
Bruce + Baker + Clapton = Cream.
Toujours ok.
Super bassiste + super batteur
+ super guitariste = super groupe.
En l’occurrence, oui.
Mais est-ce toujours le cas ?
L’empilement de noms et de talents est-il synonyme de qualité ?
De créativité ? Non, évidemment,
et la musique n’est pas un cas à part.
Dans le sport, le football en particulier, le truc n’a jamais marché.
Ou rarement.
Les Galactiques au Real Madrid.
Neymar et Messi à Paris.
De même, un super casting au cinéma ne fait pas un super film.
On n’a pas vu Raphaël mélanger les couleurs de Michel-Ange.
De même que Racine ne trouvait pas de vannes pour
les pièces de Molière, Baudelaire ne corrigeait pas
les coquilles de Rimbaud ! Les peintres, les sculpteurs, les écrivains et les poètes ne se sont jamais réunis ailleurs qu’autour d’une idée, un mouvement ou un courant de pensée.
L’art, donc, comme le sport,
ne répond pas à une ligne mathématique.
A une équation.
Quoique…
Ouvrons les guillemets et Wikipédia :
“Au VIe siècle avant notre ère, Pythagore découvre que les intervalles les plus harmonieux correspondent à de simples rapports numériques.
L’octave ? 2 pour 1. La quinte ? 3 pour 2.
Derrière chaque note juste se cache une fraction.”
Sacré Pythagoras, il n’a donc pas qu’inventé la table
et le théorème — cette histoire de triangle rectangle et d’hypoténuse qui casse la tête
des collégiens — qui portent son nom !
Deux mille ans plus tard, Leibniz — mathématicien allemand
à perruque — résume l’affaire d’une formule : “La musique est un exercice d’arithmétique caché de l’âme qui ignore qu’elle compte”.
Bon, pas trop trop rock’n’roll tout ça, mais difficile à contredire. Et si on tente de traduire, les gammes, les accords, les harmonies, les rythmes, tout ne serait finalement qu’une affaire de nombres organisés dans le temps. Même le plus sauvage des riffs obéirait
à des lois physiques parfaitement calculables.
Ainsi, la musique serait une science exacte.
Ben, pas vraiment…
Car si les mathématiques expliquent pourquoi
une note sonne juste, elles n’expliquent pas pourquoi quatre types du Queens deviennent les Ramones.
Pourquoi quatre gamins de Liverpool deviennent les Beatles. Et pourquoi Bruce, Baker et Clapton deviennent Cream.
Ou pourquoi tant d’autres additions de talents produisent des résultats parfaitement… décevants.
L’erreur fait partie des mathématiques.
On dit même qu’elle est normale et féconde.
On respire. Et ça expliquerait peut-être que : Matthew Bellamy +
Christopher Wolstenholme + Dominic Howard = Muse.
CQFD ?
Vincent Tannières
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